
D’un point de vue panoramique, les rapports sociaux entre les hommes sont basés depuis des lustres sur la crainte de s’ouvrir à autrui en s’abstenant de manifester une once de soupçon à l’égard de celui-ci.
Bien.
Pourtant, l’homme n’a jamais cessé d’accorder un pouvoir incommensurable à l’engagement moral. Celui par lequel le consentement est aujourd’hui considéré comme étant la pierre angulaire de toute convention.
On parle généralement de « contrat de vente », dès lors qu’il y a rencontre entre l’offre et l’acceptation, abstraction faite de la situation financière de l’achetant, d’où la pure focalisation sur une présomption de bonne foi (certains juristes sur le site parleront de l’intégrité du consentement mais là n’est pas le sujet).
A LIRE AUSSI : Comment avoir confiance en soi — les 7 stratégies à déployer
Sommaire
Où est ce que je veux en venir ?
Ici je veux parler de l’assurance dont nous faisons inconsciemment preuve tous les jours, en transférant une parcelle de notre confiance à nos semblables.
Cette assurance n’étant pas sans effets sur ces derniers, elle génère en eux une estime faisant de celui qui l’exhale une personne assez confiante et rassurée par les fondements sur lesquels repose sa sécurité, ce que j’assimile ici à la confiance en soi.
J’essaye donc de débrouiller dans cet article (contrairement aux croyances populaires), le pouvoir ou la domination morale que nous avons sur les autres en leur donnant l’impression d’être en confiance en leur présence ou compagnie.
La méfiance : un signe de faiblesse (à ne pas exprimer) :
A en croire l’adage selon lequel « la confiance n’exclut pas la méfiance », tout le monde devrait s’ouvrir à autrui tout en restant sur ses gardes.
Malheureusement, nombreuses personnes utilisent cette assertion au détriment de leur propre estime de soi (notion inextricablement liée à la confiance en soi, bien que différente de celle-ci) ce qui fait naître un habituel sentiment d’insécurité d’où, un indice remarquable de faiblesse et d’infériorité.
Je prends là un exemple bête mais assez clair :
L’Homme est le maître de la nature, donc des animaux. Ce qui implique que tout animal devrait se soumettre à sa volonté et s’échapper en sa présence comme le fait dame mouche (enfin, je crois).
Toutefois, l’on peut remarquer que le chien, animal domestique le plus proche de l’Homme, n’hésite pas de se rebeller et d’attaquer ce dernier lorsqu’il constate en lui de la frayeur.
En effet, cela réduit la personne effrayée à une situation de subordination indépendante même de la volonté de la bête. Il est rare (pas impossible) qu’un chien s’attaque à une personne impavide et immobile même quand cette dernière révèle un caractère intrusif à son territoire.
La crainte est l’apanage des âmes faibles et ça même les animaux le savent.
Généralement considérées par l’opinion générale comme dépourvues de moyens de défenses, les personnes faibles dégagent un degré de confiance en soi largement inférieur à zéro et quasiment impondérable ; elles sont concrètement exemptes d’une vie sociale épanouie et sont pas du tout attrayantes.
Kamal, et plein d’autres séducteurs aguerris nous enseignent que séduire ce n’est pas exprimer ses sentiments mais les faire soupçonner.
Alors je suppose pour la question de la méfiance que la carte à jouer pour dissimuler tout grain de vulnérabilité serait celle de l’hypocrisie.
Je m’explique : personnellement, je ne fais confiance à personne ni même à ma famille. Mais cela ne m’empêche aucunement de donner l’impression du contraire à mon entourage et précisément à ma petite amie (ça c’est pour centrer le sujet, car je viens de sentir quelqu’un glisser la mollette de sa souris en demandant à son index : « Et ma meuf dans tout ça ?! »).
Les filles raffolent des mecs qui ont confiance en eux, mais aussi en ELLES !
Aucune demoiselle mentalement stable, n’accepterait de sortir avec un mec qui la suspecte de sortir avec tous les beaux gosses de son cercle social, car cela prouve visiblement qu’il n’est pas assez sûr de lui.
Une telle relation serait vouée dès le début à l’échec.
Eh oui ! Faites lui confiance et non seulement elle vous rendra la même carte, mais en plus, elle se sentira en sécurité avec vous.
La confiance n’est-elle pas la base de toute relation ?
Je vais vous dire ce qui m’a poussé à écrire cet article. J’ai suspecté ma petite amie au début de notre relation de vouloir me rendre jaloux avec les appels itératifs de ses potes lorsqu’on était ensemble.
Elle a fini par m’avouer, qu’elle leur donnait délibérément cette consigne en tenant compte des heures auxquelles on était supposé se rencontrer, après s’être rendue compte que cela me laissait totalement indifférent.
S’en est suivi des questions comme : « Si tu m’aimes vraiment, pourquoi ne réagissais tu pas ?», je lui ai répondu « tu comptes beaucoup pour moi et c’est pour cela que je te fais énormément confiance ».
Après avoir prononcé ces mots j’étais personnellement surpris par l’effet qu’ils avaient suscité en elle :
Elle s’était jetée sur mes lèvres comme si c’était pour la première fois : elle se sentit rassurée au point de me demander pardon et de se traiter d’idiote.
J’avoue que ces appels me dérangeaient considérablement et que je remettais en cause la question sur sa fidélité, mais c’était un début de relation et je craignais qu’elle me prenne pour un mec raté, faible, et peu sûr de lui.
Avais-je réellement confiance en elle ? Niet.
Mais ma méfiance et mes suspicions sont restées assez velléitaires, car ma langue n’a pas succombé à leurs attaques furibondes.
Le soupçon: un générateur de malicieuse conspiration
Plusieurs hommes d’affaires et Lovers, victimes de déboires financiers pour les uns et sentimentaux pour les autres, vous affirmeront que certains de leurs partenaires, même les plus féaux ont fini par les tromper pour la simple raison qu’ils en ont été maintes fois injustement accusés.
La première fois que je me suis masturbé, c’était à cause du soupçon d’un de mes frères qui avait fait irruption dans la salle de bain.
Lorsqu’il s’en alla la seule idée qui me revenait était d’essayer ce pour quoi je venais d’être accusé : « Tu te branlais ou quoi ? » avait-il dit, et moi j’avais compris par là : « Pourquoi ne te branles tu pas ? »
Pareil pour l’adolescente à qui le père interdit vivement de traîner avec des garçons, parce qu’il en a été un et prétend savoir à quoi ils pensent tous.
Cela ne fera que multiplier une infime curiosité par je ne sais quel nombre, au point ou elle n’hésiterait pas de vérifier si ce qui lui est déconseillé est vraiment nocif (juste pour voir ce que ça fait). Pas étonnant de voir des parents austères élever des enfants rebelles
Alors pour prévenir l’accomplissement d’un acte malveillant de la part de quelqu’un ou particulièrement d’un partenaire il vaut mieux ne rien lui interdire. Le cerveau humain est assez fort en matière d’interprétation erronée et de détection de sous entendu.
Ceci est un cas de figure dans lequel le sujet est un prosélyte (je n’avais encore jamais branlé avant le soupçon de mon frère et la jeune fille ne s’était pas encore convertie au sport horizontal avant les réprimandes de son père).
Prenons à présent celui des personnes dont on connait des antécédents plutôt répréhensibles mais aimerait éviter une récidive.
Je pense que la meilleure façon d’assagir une personne ayant mauvaise réputation, c’est de raviver sa part d’humanité en lui faisant savoir qu’elle est quelqu’un de bien.
Car après avoir entendu déferler sur soi toute une avalanche d’adjectifs qualificatifs négatifs (permettez moi les rimes), notre cerveau s’y familiarise et adopte une feuille de route et un mode pensée similaire à la morale reçue : « Puisque je suis réputé(e) infidèle, il est où le mal si je la(le) trompe. »
Prenons un exemple :
Votre petite amie vous a déjà trompé et pour une raison que seul vous soyez capable de défendre, vous ne l’avez pas plaquée (ce que j’aurais fait).
Après une période assez stable, voilà que surgit Nathan, son pote beau gosse au sourire de Will Smith, qui n’hésite pas de la complimenter devant vous et de lui balancer son regard charmeur. Le cauchemar est exhumé, vous sentez la menace et craignez que votre dulcinée ne réitère sa précédente bêtise.
Dans une telle situation, la pire des choses à faire serait de lui rappeler qu’elle l’a déjà fait en devenant jaloux et en manifestant votre suspicion avec des phrases comme :
« J’ai vu la façon dont il t’a regardé. Ce qui m’énerve le plus c’est que tu me sembles assez réceptive à ses gentils compliments ».
Droit dans le mur.
La bonne façon de la dissuader de le faire serait de stimuler son intégrité avec des phrases comme : « Je suis ravi de savoir que ma copine est une fille convoitée, car non seulement elle a un sourire capable de ravir un homme pour toute une journée, mais elle est aussi digne de confiance ».
Une phrase de ce genre, bien qu’hypocrite, accompagnée d’un beau contact visuel et d’un baiser, prouve une confiance en soi élevée et aura sur elle un effet fugace mais récurrent.
Cela dit, toutes les fois qu’elle sera sur le point de trahir la confiance que vous lui porter, ces mots positifs sur sa personne lui reviendront certainement et intensifieront son sentiment de culpabilité.
Quant à savoir si cela marche à tous les coups, la réponse reste indécise. Tout dépend de la nature de votre relation et de son état d’âme.
Pour finir, ce serait une erreur de ma part de nier le fait que « l’homme est un loup pour l’homme », mais nier celui selon lequel la confiance permet aux gens de se sentir admirer au point de s’auto-apprivoiser en serait une autre.
Alors la leçon à retenir ici, c’est de se comporter avec les gens comme s’ils étaient tous dignes de confiance tout en gardant luisante une méfiance (assez fondée bien sûr !) au fond de soi et en manifestant sa suspicion avec subtilité.
Cela met votre entourage à l’aise et le rassure quant à votre intégrité d’esprit.
Cordialement,
—Del
[9-Secrets]







