
Dans une expérience emblématique, on a attaché deux chiens séparément à un harnais.
Tous les deux recevaient des chocs électriques.
Le premier avait la possibilité d’arrêter les chocs en appuyant sur un levier. Le deuxième, quoiqu’il fasse, ne pouvait l’arrêter.
Après un bout de temps, on a soumis, de nouveau, les chiens à la même expérience, à la différence près, que le deuxième pouvait cette fois arrêter le choc en appuyant sur le levier. Le premier l’a rapidement arrêté comme lors du premier essai. Le deuxième par contre, bien qu’il ait pu s’en sortir, s’est résigné dès le début et a continué à subir les chocs désespérément.
Le même type d’expériences a été répliqué sur les humains, en suppléant les chocs par d’autres stimuli plus « humains ».
Sommaire
Le résultat en était le même.
Où est-ce que je veux en venir ?
Ces expériences montrent à quel point on peut rapidement devenir désespéré, voire dépressif quand on vit des expériences d’échec successives, qu’on n’arrive pas à arrêter ou à transformer en succès.
La cause principale de ce sentiment est l’extrapolation mentale.
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Le cerveau a besoin d’extrapoler
C’est une faculté naturelle, inévitable qui nous épargne toutes sortes de danger : tu te brûles en mettant ton doigt dans une flamme, une ou deux fois, tu sais que tu vas toujours te brûler en le faisant.
Pour les choses acquises, autres, que les dangers imminents sur le corps, le cerveau extrapole en fonction des expériences vécues, d’observations et/ou d’idées reçues.
Pour sortir du vague théorique, je prendrai deux exemples : le basket-ball et la séduction.
- Le basket-ball : Julien veut commencer à jouer basket-ball pour la première fois de sa vie, il va sur un terrain, et commence à faire des lancers. Il en fait 10, tous ratés. Il tente d’expliquer pourquoi il n’arrive même pas à mettre un seul panier… Il se trouve que Julien croit que soit on a un talent « inné » pour quelque chose, soit on ne l’a pas. Il se dit : « bon…il parait que je ne suis pas doué pour ce truc, j’abandonne ». Il a extrapolé ainsi ses 10 échecs sur le futur à la lumière de la croyance qu’il a.
- La séduction : Après une année passée à rassembler son courage, Julien décide d’approcher des filles. Il en approche 10, l’une après l’autre, mais se fait rejeter par toutes. Irréprimable, son cerveau tourne à 100 à l’heure pour trouver une explication. Mais il n’y a que les idées préconçues, dont grouille le fin fond de son esprit, qui émergent fermement : « Je me suis fait rejeter par toutes…je le savais…si on n’est pas beau/grand/riche/(ce que tu veux comme prétexte) on ne pourrait jamais avoir quelqu’un… D’ailleurs, je ne vois que les mecs beaux/grands… sortir avec des filles ». Il a beau se dire que « c’est possible », mais son expérience personnelle lui prouve le contraire. Il finit par abandonner, sombrer dans la dépression, et se lamenter sur l’injustice de la vie et la cruauté des femmes.
Il est clair, des deux exemples, que nos croyances et l’optique à travers lequel nous voyons le monde, conditionne fortement la manière dont on extrapole nos expériences vécues, et par la suite la possibilité d’avoir du succès.
Il faut surtout savoir que le cerveau extrapole à une vitesse inouïe, imperceptible par la conscience.
Un premier exemple qui me vient en tête est quand on voyage dans un nouveau pays sur lequel on n’a aucune idée ; disons le Pérou.

Dès le retour chez soi, une des premières choses qu’on dit est « les péruviens sont très sympas/froids… ».
Ce genre d’assertions est autant commun que logiquement erroné : Est-ce que vous pensez que la petite semaine que vous avez passée dans une ville parmi les centaines de villes péruviennes, où vous avez rencontrés une petite dizaine de personnes sur les millions qui y vivent, est suffisant pour tirer une conclusion pareille sur tous les péruviens ?
Mais le cerveau veut extrapoler, veut donner du sens rapidement.
Mauvaise nouvelle : on ne peut se passer de l’extrapolation, elle est inhérente à la nature de l’Homme. Cependant, il est tout fait possible d’en faire un allié, qui joue en faveur de nos aspirations. Avant d’expliquer comment, voyons deux scénarios alternatifs des exemples précédents.
- Le basket-ball : Julien veut commencer à jouer basket-ball pour la première fois de sa vie, il va sur un terrain, et commence à faire des lancers. Il en fait 10, tous ratés. Julien a vécu dans une famille de sportifs. Il est imprégné par l’idée que pour exceller dans un sport, il faut pratiquer et apprendre de nouvelles techniques constamment. D’ailleurs, il a vu de près l’évolution remarquable de ses deux frères en football et en hockey. Son cerveau n’extrapole, ainsi, guère ses échecs dans le futur ; il sait que c’est normal d’échouer au début pour s’améliorer.
- La séduction : Julien avait un cercle d’amis, tous optimistes et orientés vers le développement personnel. Il a même vu deux d’entre eux passer de puceaux à des casanovas grâce à un travail acharné sur eux-mêmes. Après une année passée à rassembler son courage, il décide de suivre l’exemple de ses deux amis et de passer à l’action sur le terrain. Il se fait rejeter par les 10 filles qu’il a abordées. Il pose ensuite un moment chez lui pour réfléchir à la seule question qui lui est venu dans l’esprit : « qu’est-ce que je dois faire mieux pour améliorer mes résultats ? ».
Comment mettre l’extrapolation mentale en sa faveur ?
Comme dit avant, L’extrapolation mentale est un mécanisme naturel qu’il est difficile de contrôler. Mais on peut fournir les circonstances favorables pour qu’elle puisse servir nos objectifs. Dans ce qui suit, je ne traiterai que de la séduction.
Défier des idées pour déceler les idées reçus :
Les idées reçues ont le sceptre de fer quand il s’agit de séduction.
Mais cela est compréhensible. La séduction est un sujet complexe. L’expérimentation y est difficile pour tirer des conclusions correctes. Elle relève d’un besoin profond de l’humain, où se mêlent instinct, ego et d’estime de soi.
Par conséquent, on se fie à des explications prêt-à-porter mentalement, qui, à force de répétition (à l’instar de la publicité), deviennent des réalités incontestables. Celui qui croit qu’il faut être grand, pour pouvoir séduire, ne voit pas que le fait même qu’il existe, est le résultat d’une grande réussite biologique de ses ancêtres, qui ont pu séduire et se reproduire. Il ne prend jamais la peine de voir et de comprendre que la moyenne de taille pour les hommes est étonnamment petite et que la fraction des hommes au dessus de 1,80 m est très réduite.
Mais non ! Il a entendu et réentendu depuis son jeune âge, les gens dire qu’il faut être grand, les médias et les films hollywoodiens exposer des hommes grands tuer les méchants et séduire les plus belles femmes. Après tout cela, il sort dans la rue avec « un biais de confirmation » autant envahissant qu’un feu dans une maison en bois, pour se faire confirmer ses idées reçues, en ne remarquant que les 2 couples parmi les 20 qu’il a vu, où le mec est grand de taille, pour se dire « tu vois !! ».
Pour défier les idées reçus, il faut apprendre à « challenger » les idées qu’on se dit de manière automatique. Il faut entendre des opinions contraires à ce que l’on pense. Il faut beaucoup lire. Cependant le moyen ultime, efficace est l’expérimentation.
Le meilleur moyen pour « convaincre votre cerveau » et de lui faire vivre les choses. Mais Il faut les lui faire vivre 1, 2…50 fois pour qu’il puisse tirer une bonne conclusion.
On ne peut et on ne pourra avoir une conclusion fiable en faisant les choses 2 fois. Vous voulez apprendre à tenir une conversation avec une fille, faites vous une première hypothèse, sortez, utilisez-là avec autant de filles que vous pouvez avant de juger si cela marche ou pas.
S’entourer d’amis optimistes, positifs et orientés vers le développement personnel :
C’est d’une importance vitale. Vous ne pourrez jamais imaginer à quel point l’impact des gens qui nous entourent sur notre manière de voir le monde.
Et cela fonctionne aussi par extrapolation mentale. Si tes 5 amis les plus proches pensent que la vie est injuste et qu’il n y a rien qui peut se faire. A force de répétition ton cerveau extrapole le fait que tous les autres personnes pensent de cette même façon et qu’au final cette idée devrait être vraie puisque tout le monde le pense. Le cercle vicieux inextricable. Peut-être vous ne voyez pas encore à quelle vitesse votre cerveau peut extrapoler des choses tellement basiques.
—Sam
[9-Secrets]







